...ce qui en soit ne mérite pas un billet, pas plus le fait que j'ai mangé une compote pomme/rhubarbe maison hier soir, pas plus le fait qu'il existe une réelle différence de températures entre San Jose et San Francisco (et même des micro-climats dans San Francisco), mais cela me fournit l'occasion parfaite d'introduire un élément de différentiation entre la France et les États-Unis : les pharmacies !

En France, les pharmacies sont l'endroit où l'on vend des médicaments, ainsi que tout se qui s'approche de près ou de loin du domaine médical (ce qui explique que l'on y trouve notamment des cosmétiques, des compléments alimentaires, etc.). Cependant la liste des produits que l'on peut trouver dans une officine est strictement défini par l'article L5125-24 du code de santé publique. Et rappelons que si la plupart des prix des articles sont libres, ce n'est pas le cas des médicaments remboursables, dont le prix est fixé par convention par le CEPS (Comité économique des produits de santé). Et quand Michel-Edouard Leclerc annonce qu'il souhaite faire baisser le prix des médicaments de 25%, il ne parle en fait que des médicaments non remboursés. Malheureusement pour lui, la vente des médicaments, remboursés ou non, reste réservée aux seuls pharmacies (ce qui implique actuellement la présence obligatoire de docteurs en pharmacie, ainsi qu'une indépendance de ceux-ci par rapport aux détenteurs des capitaux de l'officine). Depuis quelques temps, il est désormais possible pour certains médicaments de se servir directement, mais le passage par un pharmacien est quasiment obligé au moment de payer.

Aux États-Unis, la situation est très différente puisque la pharmacie (ou drugstore) s'apparente plus à la petite supérette. On y trouve cosmétiques, compléments alimentaires (notamment pour maigrir), mais encore produits alimentaires (notamment pour grossir), boissons, services divers comme la vente de cartes téléphoniques ou bien le développement des photos. Seul l'alcool semble exclu de la liste. Et bien sûr, on y trouve des médicaments, situés dans un espace dédié du magasin. Comme en France, on trouve des médicaments en accès libre. Pour être tout à fait exact, le nombre de médicaments disponibles est bien plus important, et les conditionnements beaucoup plus variés (on trouve par exemple des pots de 500 cachets d'aspirine). Tout les médicaments ne sont pas disponibles, et des pharmaciens sont disponibles derrière leur comptoir pour délivrer les ordonnances ou pour les demandes de conseil, mais pour peu que l'on soit venu chercher un petit sirop pour la toux, on peut payer à la caisse du magasin sans voir le moindre pharmacien.

Il est à noter que certains médicaments qui ne font pas l'objet de restrictions particulières en France, nécessitent la présentation d'une pièce d'identité aux États-Unis. C'est notamment le cas des médicaments à base d'éphédrine comme le rhin-advil (mélange d'ibuprofène et de pseudoéphédrine) que je consomme régulièrement pendant les périodes de frimas : l'éphédrine est normalement un décongestionnant des voies respiratoires, mais il peut aussi servir à la fabrication de méthamphétamines qui, elles, décongestionnent plutôt les synapses et se fabriquent aisément avec du matériel tout ce qu'il y a de plus ordinaire (dont la fameuse cocotte minute. Si vous regardez une série ou un film où des trafiquants fabriquent de la drogue à l'aide d'une cocotte, dites vous qu'ils ont fait une razzia de rhin-advil à la pharmacie du coin).

Pour résumer, que vous ayez un petit mal de tête, ou bien que vous avez besoin d'un paquet de céréales ou d'un plat à décongeler, n'hésiter pas à pousser la porte d'une pharmacie aux États-Unis. Et avec un peu de chance, si ma crève s'aggrave, vous aurez bientôt la chance de lire un article sur le système de santé américain